'Le Manifeste de l’arbre' expose à Sao Paulo #art #brasil


Le Manifeste de l'arbre expose

à Sao Paulo

 

 

 Michel Blazy, Charley Case, Jean-Luc Favéro,

Delphine Gigoux-Martin, Myriam Mechita, Teruhisa Suzuki

9 septembre – 12 octobre 2014

 

Sur une proposition de Pascal Pique, commissaire invité dans le cadre de l'exposition Invasion créative,

cité Matarazzo, conçue par le groupe Allard sous la direction de Marc Pottier

 

 

Après le lancement du Manifeste de l'arbre le 4 août 2014 à la 3ème Biennale d'art contemporain de Salvador de Bahia au Brésil, le Musée de l'Invisible présente les premières œuvres créées spécialement pour l'Académie de l'arbre et l'exposition « Invasion créative » dans l'ancien hôpital Matarazzo de Sao Paulo.



« Invasion créative » qui réuni plus d'une centaine d'artistes est organisée à l'occasion de la sortie du livre « Feito por …made by Brasileiros» conçu par Marc Pottier. L'exposition veut aussi redonner vie à ce site mythique de la Cité Matarazzo, désaffectée depuis 1993. Elle préfigure également sa rénovation en complexe mixte touristique et culturel par le groupe Allard qui a déjà parrainé de grandes expositions comme celles de Jean-Michel Basquiat au Musée d'Art moderne de la ville de Paris (2010).

 

Véritable ville dans la ville, la « Cidade Matarazzo » a gardé une aura de mystère et une « charge » très  particulière au sein même de l'un des tissus urbains les plus denses au monde où la place de l'arbre doit être restaurée. C'est bien ce qu'ambitionne le Manifeste de l'arbre, en proposant de replanter une forêt au cœur de la ville et de nos habitus urbains, tout en célébrant les arbres de la Cité Matarazzo.

 

 

L'arbre et la forêt revisités


Six artistes ont été invités par le Musée de l'Invisible à travailler avec et pour les arbres. Leurs propositions nous renvoient à des dimensions oubliées et méconnues de l'arbre, mais aussi de l'art, qui ne demandent qu'à être revitalisées. 



La Forêt Invisible que Jean-Luc Favéro a replantée dans l'un des patios nous introduit dans cette réalité subtile où les arbres deviennent des corps évanescents et des créatures de lumière. L'artiste leur rend un hommage permanent en les dessinant presque quotidiennement. C'est ainsi qu'il parvient à restituer l'âme et la magie des arbres.


L'œuvre de Myriam Mechita débute à l'entrée de l'exposition avec quatre têtes dorées qui sortent littéralement d'un arbre, comme des esprits ou des souffles. Ils annoncent à l'intérieur une forêt fantôme dessinée à même les murs dans du noir de fumée, autour d'une mystérieuse chaise à porteur vide qui trône au centre de l'espace.


Images intégrées 5



La forêt de fusain de Delphine Gigoux-Martin lui fait écho et se prolonge dans les chambres et des couloirs de l'hôpital où elle est éclairée de l'intérieur par les images vidéo de curieuses créatures flottantes, telles des entités en déshérence. Comme si l'artiste avait voulu prendre soin des âmes en peine qui doivent sans doute encore habiter les lieux.

 

Comme le sorcier ou le chamane ne faut-il pas repasser à travers l'arbre et la forêt pour revivre, ou tout simplement survivre ? Ici l'exposition et l'arbre ont  à voir avec l'incantation, la célébration des esprits et les gestes réparateurs. Une dimension que les artistes ont tous revisitée à leur façon.



Charley Case a fait entrer dans l'exposition l'énergie d'un gigantesque ficus protecteur, peint à l'encre de chine sur les murs, sols et plafond. L'artiste rend ainsi hommage à de la Seringeira, (autre nom du ficus et de l'arbre à caoutchouc) en évoquant ses différents plans, souterrains, aériens et cosmiques, sans omettre de lui faire quelques offrandes de fruits et d'améthystes.




Michel Blazy a proposé de sauver une dizaine d'arbustes sans qualité, voués sans doute à la destruction, en les replantant dans de grands pots. A ce soin, il associe un geste de célébration qui consiste à dorer ces arbres à la feuille. A travers l'or, l'arbre est à la fois préservé et resacralisé dans une dimension régénératrice et une symbolique  illuminatrice.


 

Ce que parachève Teruhisa Suzuki avec le « Palmier observatoire ». Il nous invite à entrer littéralement dans la peau de l'arbre, en construisant autour de son tronc, une cabine sténopé circulaire où l'on peut séjourner. Il propose ainsi de ressentir ce que l'arbre perçoit de son environnement en nous plaçant dans la position de l'observateur et du voyant. Au cœur de l'arbre nous avons la sensation de nous retrouver au centre du cosmos.

 

A travers ces propositions l'arbre redevient un être vivant à part entière. Une conscience qui nous aide à redéfinir notre place dans l'univers, en faisant comme lui, jonction entre la terre et le ciel. Les artistes et les arbres, nous proposent ainsi de retrouver une position médiatrice, en nous repositionnant dans la symbolique de l'arbre de vision et celle de sa dimension réparatrice.

 

  

                                               

Pour une nouvelle clinique de l'arbre

 

Le Manifeste de l'arbre est lui aussi représenté dans une ancienne chambre de l'hôpital, à travers les expériences d'éveil à l'arbre que le guérisseur-magnétiseur Pierre Capelle a proposé récemment aux visiteurs de la Biennale d'art contemporain de Bahia. De même que le texte du Manifeste de l'arbre proposé à la signature du public de Sao Paulo.

Si bien qu'à la cité Matarazzo, le projet de l'Académie de l'arbre et de son Manifeste ont pris les allures d'une véritable unité de soin. D'une clinique de l'arbre. 

Rien d'étonnant dans un ancien hôpital. Mais ici le terme de clinique et l'horizon du soin s'imposent à plus d'un titre. Ce qui n'est pas sans déplaire au Musée de l'Invisible dont l'objectif premier est de travailler à une nouvelle conscience de l'arbre et de l'art, en réinvestissant les dimensions prophylactiques et thérapeutiques. Ce qui, en ces temps de désenchantement généralisé ne serait pas le moindre des apports d'un art contemporain mondialisé. Ici, c'est bien l'idée de l'art et de l'arbre guérisseur qui domine.

Dans les chambres abandonnées, les arbres semblent aussi avoir pris la place des anciens malades. A moins que ce ne soit nous mêmes, dans une dialectique du soignant soigné qui sommes à guérir.

Car n'oublions pas que l'arbre et la forêt et l'arbre peuvent autant soigner que nous aider à voir. Et rappelons-nous que finalement, ce n'est pas l'arbre qui a besoin de l'humain, mais bien l'inverse.

 

Pascal Pique, Le Musée de l'Invisible


  

entrée de la clinique de l'arbre avec la contribution 

des peintres du peuple Warli de l'Inde de l'ouest

 

 

Prochaine apparition du Manifeste de l'arbre :

Centre National des Arts et métiers à Paris, du 23 au 26 octobre, dans le cadre du programme hors-les-murs proposé par YIA-Artfair avec Marais Culture +



0 comments:

Post a Comment